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Le credo politique de l’abbé Eric de Beukelaer

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Eric de Beukelaer

Si nos décideurs politiques avaient un peu moins le nez sur le guidon, sans doute pourraient-ils mieux évaluer les enjeux de l’heure et préparer l’avenir, estime Éric de Beukelaer. Lui, en tout cas, semble avoir une vision claire de ce qu’il faudrait mettre en place pour fonder une civilisation vraiment humaniste.

Un prêtre n’aurait-il le droit de s’exprimer que lorsqu’il s’agit de religion? Non, bien sûr, et ce n’est certainement pas l’abbé Éric de Beukelaer qui nous contredira sur ce point. Celles et ceux qui le connaissent un peu savent d’ailleurs qu’il a toujours été intéressé par la et qu’il se serait probablement orienté vers la diplomatie, si le Seigneur n’en avait décidé autrement. Son dernier livre montre, en tout cas, que l’on peut être à la fois un excellent pasteur et un observateur avisé de la chose publique. Avec énormément de talent, l’ancien porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique y passe effectivement en revue les principaux enjeux actuels et suggère différentes pistes pour construire le monde de demain. Un monde qu’il espère plus juste, plus humain et plus respectueux de l’environnement.

Des évidences fondatrices

Si l’auteur a choisi d’intituler cet ouvrage « Credo politique », ce n’est bien sûr pas par hasard. Comme les autres credos, celui-ci ne vise pas tant l’originalité que le rappel d’évidences fondatrices. Historien de formation, Éric de Beukelaer sait que l’on ne peut tout réinventer à chaque génération. Aussi, n’hésite-t-il pas à réaffirmer sa foi en la civilisation, en la spiritualité, en la laïcité politique, en la justice, en l’éconologie (un néologisme destiné à montrer que toute séparation entre économie et écologie est « artificielle et trompeuse« ) et en l’Homme. Mais ce n’est bien sûr pas là que réside le principal intérêt de ce livre, car sur ces points, nos sociétés sont généralement unanimes, du moins tant que l’on en reste aux grands principes. C’est donc plutôt dans les détails et dans la façon dont il replace ces différents enjeux en perspective que l’ancien porte-parole de la Conférence épiscopale de Belgique se montre particulièrement pertinent.

Il n’hésite d’ailleurs pas à aller à contre-courant de l’opinion publique quand il l’estime nécessaire. Les fous de Dieu, par exemple, ne doivent pas être perçus que comme des adversaires, selon lui; ils peuvent parfois poser de bonnes questions. « En organisant la vie politique en dehors de toute référence au divin« , écrit-il, « nos sociétés se sont trop souvent bâties sur la prospérité matérielle pour unique valeur. » Or, une telle société « n’est pas féconde« . « Au bout de trois générations, elle s’essouffle, avant d’imploser. » L’auteur plaide donc « pour une approche spirituelle de la vie, qui unisse les citoyens de toutes convictions croyantes, agnostiques et athées, autour d’un projet de société digne de l’humain« . De même, ses propos sur la famille ne manqueront pas de faire réagir celles et ceux qui prétendent que, pour ces questions, « un État sécularisé n’a d’autre valeur à défendre que le libre-choix affectif de chaque citoyen« . Éric de Beukelaer estime en effet « qu’une vie familiale épanouissante nécessite un minimum de stabilité » et que la banalisation du divorce est une des causes du mal-être de la jeunesse.

Un nouveau contrat social

Si l’auteur fait volontiers référence à de grands noms de la pensée et de l’action politique, comme Winston Churchill, Hannah Arendt, Max Weber, Jean-Jacques Rousseau ou Karl Marx, il cite aussi abondamment le pape Benoît XVI, dont il semble avoir fait siennes les principales intuitions dans le domaine économique, politique et social. Comme lui, il est persuadé que nos démocraties sont « en panne de valeurs qui puissent servir de boussoles dans la tempête« . Il plaide donc pour un « nouveau contrat social » fondé sur une spiritualité citoyenne. « Une société des droits de l’homme peut fort bien mettre en doute l’existence de Dieu« , écrit-il, « mais non pas vivre comme si aucune enjeu social n’avait de l’importance. » Des propos interpellants, bien loin des poncifs que l’on entend habituellement sur les plateaux de télévision, et qui ne manqueront pas de susciter le débat. « Le Vif/L’Express » l’a d’ailleurs très bien compris, puisque l’hebdomadaire vient de publier les meilleures pages de son livre. Un bon signe, en général.

(CtB/PA)

« Credo politique », Éric de Beukelaer, Fidélité/Avant-Propos, 110 pages, 16,80 EUR, port compris, au compte 732-7032002-38 IBAN BE24 7327 0320 0238 – BIC CREGBEBB de Dimanche Service, 67/2, chaussée de Bruxelles, 1300 Wavre.

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Posté par le 22 juin 2011. inséré dans Actualité, le fil info. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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