Egypte : Pour les Chrétiens, R.A.S.
Jacques Berset, de l’agence suisse Apic, a rencontré le patriarche copte catholique Antonios Naguib, dimanche 30 octobre, lors de son passage à Fribourg. Un entretien centré sur la situation actuelle des Chrétiens en Egypte, confrontés à la montée du fondamentalisme…
Si le grand imam d’Al-Azhar, le cheikh Ahmed El-Tayyeb, a suspendu depuis janvier dernier ses relations avec le Saint-Siège, suite à la réaction du pape Benoît XVI après l’attentat meurtrier contre une église copte d’Alexandrie, et n’a pas envoyé de représentant le 27 octobre à la 3e rencontre interreligieuse pour la paix à Assise, « les contacts, localement, sont fraternels », souligne Antonios Naguib. « De nombreux musulmans, des intellectuels, des écrivains, ont écrit dans les médias en faveur de l’égalité de tous les citoyens, sans distinction d’appartenance religieuse ».
« Il n’y a pas en Egypte de système officiel qui créerait des structures de traitement injuste, permanent et réglementé par une loi ou un décret qui viserait les chrétiens en particulier », rappelle-t-il. « Le Conseil suprême des Forces armées (CSFA), qui dirige actuellement le pays, s’est engagé à se pencher sur le dossier des permis de construction des églises chrétiennes, dans le but d’apaiser les tensions interconfessionnelles ».
A la veille des élections législatives du 28 novembre, l’incertitude règne en Egypte, mais le patriarche copte reste optimiste. « On ne peut pas parler de rupture dans les rapports entre chrétiens et musulmans. Nous faisons tout pour l’éviter. Dans les églises, les prêtres demandent aux fidèles de soutenir les partis et les personnes qui ont un programme de société et de Constitution basé sur la citoyenneté de tous, le respect et la liberté, l’égalité pour tous ». Quant à une émigration massive des chrétiens face à la montée du salafisme, Antonios Naguib est catégorique : « Je ne pense pas que tous vont partir, car où iraient-ils ? Si un million part, il en restera toujours plus de 6 millions, car la grande majorité n’a pas la possibilité de partir ailleurs. C’est leur pays! ».
Apic/A.L
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