Réactions mitigées à propos de la Corée
Si l’inquiétude grandit dans la péninsule coréenne et au sein de la communauté internationale après la mort du leader nord-coréen Kim Jong-il, décédé le 17 décembre à l’âge de 69 ans, les Eglises coréennes se veulent plus optimistes. Elles espèrent un retournement de situation, à l’instar des mouvements de réunification entre les deux Corée.
Ce n’est que lundi 19 décembre que l’agence d’Etat nord-coréenne (KCNA) a annoncé la mort le 17 décembre du dirigeant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC). Selon la télévision d’Etat, dont la présentatrice s’est effondrée en larmes, le « cher leader » serait mort de « surmenage physique et mental » dû à « ses efforts sans fin pour mener des actions sur le terrain afin de construire une nation puissante ». Peu après, les médias officiels ont précisé que le dictateur nord-coréen, à la tête du pays depuis 1994, était décédé d’une crise cardiaque à bord du train blindé qui le ramenait d’un déplacement en province.
Presque simultanément, la KCNA a appelé « tous les membres du parti, les militaires et la population, à suivre fidèlement le commandement du camarade Kim Jong-un », adoubant ainsi officiellement le plus jeune des fils de Kim Jong-il. Ce dernier est présenté depuis plusieurs années comme le dauphin du dirigeant communiste. Récemment promu à la tête des forces de sécurité et nommé général quatre étoiles, Kim Jong-un, malgré sa jeunesse (il a moins de 30 ans) et sa faible expérience, possède déjà les clés du pouvoir. Le gouvernement de la RPDC, dont l’armée forme la pierre angulaire, semble avoir parfaitement orchestré la succession, sans aucune vacance du pouvoir, de l’unique dynastie de l’histoire du communisme. Décrit comme le portrait de son père, Kim Jong-un semble avoir joué ces dernières années un rôle important dans la politique militariste de la Corée du Nord.
L’épiscopat coréen espère que la mort du dirigeant nord-coréen Kim Jong-il marquera un tournant et permettra la réunification de la péninsule divisée depuis 1953. Le président de la Conférence épiscopale de Corée du Sud souhaite que les Nord-Coréens prennent le chemin « du dialogue, de la paix et de la réconciliation ». Mgr Peter Kang U-il, évêque de Cheju et président de la Conférence épiscopale de Corée du Sud, estime que le nouveau dirigeant est très jeune et ne semble pas jouir de la confiance du peuple coréen, ce qui est favorable à un retournement de situation. Quant au secrétaire exécutif du sous-comité d’aide à la Corée du Nord de la Conférence épiscopale, le père Jean-Baptiste Kim Hun-il, espère seulement que la mort du dictateur ne plongera pas la péninsule dans le chaos. Le révérend Kim Tea Sung, vice-secrétaire général de la Korean Conference of Religion for Peace (KCRP), estime que « la mort du ‘cher dirigeant’ risque de créer un vide et de générer des problèmes très graves au niveau social et politique ».
Les funérailles nationales de Kim Jong-il, présidées par son fils, sont prévues le 28 décembre prochain. Aucune délégation étrangère ne sera autorisée à participer à l’inhumation dans le mausolée familial qui s’annonce comme une grandiose célébration à la gloire de la dynastie des Kim. Un deuil national a été décrété jusqu’au 29 décembre.
apic/at
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