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Pour Mgr Kockerols, la désacralisation des églises est toujours source d’émotions

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La désacralisation des églises est un sujet d’actualité qui attise les passions, comme ce fut le cas récemment dans la capitale à propos de l’église Sainte-Catherine. Pour Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Bruxelles,  ce n’est pas de gaité de cœur qu’il faille fermer des lieux de cultes. « Nous devons être proactifs si nous voulons éviter qu’on nous impose des solutions inadéquates. La question fondamentale porte sur la vision d’Eglise que nous voulons avoir », affirme-t-il.

Même si on voyait se profiler cette problématique depuis des années, la désacralisation d’églises est une question neuve pour tous les acteurs concernés souligne Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, qui évoque d’emblée la souffrance qu’elle engendre non seulement pour les paroissiens confrontés à la fermeture totale ou partielle de leur lieux de culte, mais aussi pour les autorités de l’église, qu’on oublie parfois.

Pourquoi doit-on en arriver à fermer des églises ? On a évoqué la baisse de la pratique religieuse. C’est un argument, mais il n’est ni primordial, ni unique. Dans ce dossier, chaque cas est particulier et il est donc impossible de mettre en place des solutions « standardisées ». Mgr Kockerols rappelle qu’une des causes qui sous-tend la désacralisation vient de ce que nous vivons dans une civilisation où l’Eglise n’a plus une place dominante. Par ailleurs, le patrimoine immobilier religieux a été pensé dans une autre ère. La fusion des communes dans les années 70 explique aussi que certaines entités possèdent plusieurs églises sur leur territoire. C’est un fait de société, mais qui ne doit pas occulter le fait que ces églises ne sont pour autant devenues inutiles. « Elles constituent toujours des lieux symboliques forts qui doivent être préservés », souligne l’évêque auxiliaire, ajoutant que la question fondamentale est d’avoir une vision d’Eglise. « Que veut-on vivre en Eglise ? » s’interroge Mgr Kockerols, amorçant une ébauche de réponse en précisant que les communautés doivent être signifiantes et porter un projet. « Notre souci pastoral est d’avoir un lien fort, permettant de maintenir un lieu symbolique au cœur de la cité à conjuguer avec un souci de projet d’Eglise ».

Un côté émotionnel fort

Pour l’évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, la question est avant tout pastorale et il n’existe pas de solution unique. « On peut dégager quelques grands principes de discernement, mais dans les faits cela restera toujours une solution spécifique. A titre personnel, je plaide pour la conservation d’un  lieu symbolique fort avec, quand c’est possible, le maintien d’un lieu de prière, c’est-à-dire une désacralisation partielle. A défaut, nous optons pour une affectation profane qui  ne soit pas inconvenante ». Ce qui nécessite donc un dialogue avec les pouvoirs publics pour avancer dans les dossiers. « L’Eglise doit être proactive et faire des propositions. Ce dialogue doit se faire avec les autorités publiques qui ont des attentes et des idées. Une stratégie réactive est perdante. Attendre en pensant que l’on reviendra à une situation qu’on a connue dans le passé, c’est manquer de réalisme ».

Pour Mgr Kockerols, la désacralisation est une affaire douloureuse pour tous ; paroissiens et autorités de l’Eglise. « Dans ces dossiers, il y a aura toujours des conflits car ils comportent un aspect émotionnel fort. Il y a des souvenirs liés à l’église, des gens qui ont consacré du temps comme bénévole au service du culte, des donateurs qui ont contribué à l’entretien, etc. Ce n’est pas facile et il faut donc privilégier le dialogue avec tous ceux qui sont concernés en laissant du temps pour permettre de décanter les choses », conclut l’évêque auxiliaire de Bruxelles.
JJD

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Posté par le 9 jan 2012. inséré dans A la Une, CathoBel, CathoBel Belgique, le fil info. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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4 Commentaires pour “Pour Mgr Kockerols, la désacralisation des églises est toujours source d’émotions”

  1. Delmotte Yves

    La vraie question est bien « quel type d’Eglise veut-on? » L’approche de Mgr Kockerols est de type sociologique et politique. sans contester qu’il faille tenir compte de ces dimensions, j’espérais qu’un évêque mettrait en évidence cette question-ci: « quelle Eglise Jésus-Christ désire-t-il? » Pour moi, le début de la réponse se trouve dans l’avant-dernier verset de Matthieu. « Allez de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et de SaintEsprit »; Tout le contraire d’une église frileuse,une église qui se replie dans les bâtiments qu’on veut bien lui laisser ou, et c’est le cas, qui va au devant de ce qui ne lui est pas demandé! Evangéliser Mgr! , après vous verrez bien ce qu’il fautdra faire! il faut ouvrir et non fermer, à commencer par la bouche;

  2. Ephrem

    On peut difficilement accuser Mgr Kockerols de « se replier dans les bâtiments qu’on veut bien lui laisser » et minimiser son rôle d’évangélisateur. Il a le mérite de s’adapter à la culture d’aujourd’hui, aux besoins des chrétiens actuels, dans la vie liturgique comme dans l’action sociale.

  3. Michel

    On reproche tellement souvent à l’Église (hiérarchie) d’être rétrograde, frileuse ou immobile et quand elle fait preuve de réalisme et de courage voilà qu’il faudrait qu’elle s’arrête. Mais tout le monde a droit à la parole c’est vrai aussi et surtout évitons de penser tout blanc ou tout noir et de généraliser abusivement.

  4. Bill

    Ayant suivi ladite « affaire » je ne comprend toujours pas les motifs qui conduisent à se séparer de celle-là. Il parle de « vision », mais le job d’un évêque est de promouvoir l’évangélisation. Or peut-on prétendre avoir une vision quand on se sépare d’une église située à un tel endroit stratégique? C’est se priver d’un lieu hyper fréquenté pendant le marché de noël; c’est donc priver de nombreux passants de Dieu, du Christ. Peut-on parler de vision quand on cède devant un projet alternatif de halle aux fruits et légumes (sic)? Double erreur donc…Faute professionnelle?

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