Le Vatican encourage la recherche sur l’infertilité
L’écologie est à la mode, elle entre dans les débats et se décline dans de nombreuses thématiques. Sans cette prise de conscience, que deviendrait notre planète? Dans cette perspective, l’écologie humaine a aussi sa place. Dresser les contours de l’écologie humaine et médicale, pour remonter aux sources de l’infertilité, c’était le propos d’un colloque sur les causes de l’infertilité organisé les 24-25 février à Rome sous l’égide de l’Académie pontificale pour la vie.
Participaient à ce colloque bon nombre de laïcs, médecins, chercheurs, professionnels de gynécologie-obstétrique, venus du monde entier. Croyants ou non, catholiques ou agnostiques, ils voulaient explorer les alternatives à la procréation médicalement assistée (PMA) et à certaines de ses conséquences (notamment la congélation des embryons surnuméraires).
En préambule, le président de l’Académie pontificale, Mgr Ignacio Carrasco de Paula, a précisé l’esprit du colloque qui est de faire dialoguer foi et raison. Sa mission a-t-il rappelé est de promouvoir « l’avancement des études, l’information et la formation sur les principaux enjeux de la bioéthique et le droit se rapportant à la promotion et la défense de la vie, en particulier dans la relation directe qu’ils ont avec la morale chrétienne ».
L’infertilité touche environ 20 % des couples a rappelé le professeur Charles Chapron, du Centre hospitalier universitaire Cochin (Paris). Pour lui, « la proposition systématique de la PMA constitue une dérive de la pratique médicale ». Parce qu’elle fait l’impasse sur une approche pluridisciplinaire (sociologique, psychologique, éducative), voire chirurgicale, « qui donne d’excellents résultats ».
Plusieurs facteurs sont à mettre en lien avec l’infertilité comme l’élévation de l’âge des femmes à leur première grossesse, l’accroissement des facteurs de stress (physique, affectif, professionnel), ainsi que les maladies sexuellement transmissibles (particulièrement dans le cas des femmes du Sud), la consommation de tabac ou d’alcool.
Le 25 février, les participants au colloque ont été reçus par le pape Benoît XVI qui leur a rappelé la position de l’Eglise catholique en matière de procréation médicalement assistée. Le pape a dénoncé le scientisme et la recherche liée au profit « qui entravent des domaines de recherche autres que la fécondation in vitro ». Dans son discours, le pape a pointé du doigt « l’appât du gain qui se cache derrière les méthodes proposées contre l’infertilité ou pire encore, l’arrogance de vouloir se substituer au Créateur » . Pour Benoît XVI, la lutte contre l’infertilité exige une réponse moralement acceptable. « L’Eglise est sensible à la souffrance des couples ayant des problèmes de fertilité. Elle encourage la recherche biomédicale, mais elle rappelle que l’infertilité ne diminue pas la vocation baptismale et matrimoniale des époux ». Et de conclure: la science n’a pas une réponse à tout. « Il y a des réponses qui ne peuvent venir que du Christ lui-même ».
L’Académie pontificale pour la vie a été fondée par Jean-Paul II le 11 février 1994, par le motu proprio « Vitae Mysterium » (Du mystère de la vie), en collaboration avec le premier président de cette institution, le prof. Jérôme Lejeune (1926-1994), généticien français qui a découvert, en 1958, le chromosome 21 supplémentaire causant la « Trisomie 21 » et dont la cause de béatification doit être prochainement conclue à Paris.
Apic/zenit/Lcx/BL
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