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Poursuites en vue contre les auteurs de fuites au Vatican

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Devant les fuites massives de documents confidentiels émanant des services  du Saint-Siège et la publication dans les médias italiens de documents sensibles, offensant la liberté et la dignité du Saint-Père, le Vatican réagit fermement. Il promet des poursuites contre les auteurs des fuites qu’il considère comme  un « acte criminel » et une « violation de la vie privée » du pape. Le Saint-Siège assure qu’il fera appel à la justice pour que toutes les personnes impliquées dans ces fuites répondent de leurs actes. C’est ce qu’il a affirmé le 19 mai 2012 au jour de la sortie du livre à sensation du journaliste italien Gianluigi Nuzzi.

« La nouvelle publication de documents du Saint-Siège et de documents confidentiels du pape ne s’apparente plus à une initiative journalistique discutable – et objectivement diffamatoire – mais elle présente clairement les traits d’un acte criminel », indique un communiqué publié dans l’après-midi du 19 mai par le Bureau de presse du Saint-Siège.   »Le pape, mais aussi plusieurs de ses collaborateurs et des personnes lui ayant adressé des messages, ont vu leurs propres droits à la confidentialité et à la liberté de correspondance violés », souligne le communiqué.

Cette déclaration intervient le jour même de la sortie en Italie du dernier ouvrage de Gianluigi Nuzzi, intitulé « Sa Sainteté: les papiers de Benoît XVI ». On y trouve pêle-mêle le numéro du compte bancaire ouvert par Benoît XVI auprès de la Banque du Vatican; un fax envoyé en 2010 par l’ancien directeur d’Avvenire Dino Boffo au secrétaire particulier de Benoît XVI, accusant le directeur de L’Osservatore Romano, Gianmaria Vian, d’avoir transmis à la presse une lettre anonyme sur une prétendue affaire de mœurs homosexuelles à l’origine de sa démission; des télégrammes diplomatiques provenant des nonciatures, évoquant les déviations sexuelles des prêtres, les conséquences du rapprochement avec les lefebvristes ou la situation des Légionnaires du Christ…. La liste de documents ultra confidentiels  est longue. Ils proviennent de la Secrétairerie d’Etat, du Gouvernorat, de l’administration du patrimoine du Siège apostolique ou de la gendarmerie vaticane, celle-là même qui mène l’enquête depuis les premières fuites constatées début 2012.

En janvier 2012, le Saint-Siège avait déjà condamné les pratiques de Gianluigi Nuzzi. Ce dernier avait alors privilégié la télévision pour révéler – documents confidentiels à l’appui – l’existence de luttes internes au Vatican. Le Saint-Siège avait alors indiqué qu’il pourrait prendre des mesures légales en réaction à la « diffamation » contenue dans l’émission « Gli intoccabili »  (intouchables) du journaliste, diffusée par la chaîne de télévision italienne La 7.

On imagine qu’un climat au parfum de délation règne dans les couloirs de la scène vaticane. Chacun s’inquiète des conséquences de cette chasse au corbeau après la désignation par Benoît XVI le 25 avril, d’une commission d’enquête présidée par le cardinal Julian Herranz Casado, (Opus Dei), président émérite du Conseil pontifical pour les textes législatifs. De plus les observateurs ne manquent pas de souligner le danger de déstabilisation pour la diplomatie vaticane, considérée comme une diplomatie d’influence, basée sur la confiance. Plus profondément encore, observe  Frédéric Mounier dans le journal Lacroix du 20 mai, « c’est la personne même du pape qui pourrait être affectée par des fuites incessantes qui mettraient en cause la crédibilité de son Magistère. Car Benoît XVI a voulu son pontificat voué à la « purification » d’anciennes pratiques financières et éthiques dommageables à l’Église ».

Confronté à  ces signaux préoccupants, le pape a  appelé dimanche 20 mai, journée mondiale des Communications sociales d’ » appeler à prier pour que la communication, dans toutes ses formes, serve toujours à instaurer avec le prochain un dialogue authentique, fondé sur le respect réciproque, l’écoute et le partage.  »
Face à ce qu’il considère comme des actes criminels, le Saint-Siège affirme qu’il « continuera d’étudier les différentes retombées de ces actes de violation de la vie privée et de la dignité du pape – en tant que personne et en tant qu’autorité suprême de l’Eglise et de l’Etat de la Cité du Vatican ». Il assure qu’il fera le nécessaire « afin que les personnes impliquées dans le vol, le recel et la divulgation d’informations secrètes, mais aussi dans l’utilisation à des fins commerciales de documents privés saisis et conservés de façon illégale, répondent de leurs actes devant la justice ». Pour ce faire, le Saint-Siège entend faire appel si nécessaire à la « collaboration internationale ».

Lcx/Apic/imedia/BL

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Posté par le 21 mai 2012. inséré dans A la Une, CathoBel, CathoBel Vatican, le fil info. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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