L’abbé Boxus, un athlète belge au Guatemala
Ordonné prêtre en 1962 (le même jour que celui qui deviendra Monseigneur Jousten), Jean-Marie Boxus, originaire d’Avennes près de Hannut célébre cette année son jubilé de 50 ans de sacerdoce. Lundi 28 mai, à Banneux, il fêtera cet anniversaire en présence de ses amis confrères ordonnés en même temps que lui.
Avant le grand départ pour l’Amérique latine, Jean-Marie Boxus compléta ses études à Louvain, fut quelque temps professeur de mathématiques et vicaire à Liège tout en suivant une formation intense au Collège de l’Amérique latine à Louvain. Qui est ce prêtre que l’on qualifie volontiers d’ »athlète belge au Guatemala »?
Voici un portrait de la plume d’un confrère, l’abbé José Henry.
« Le voilà donc à pied d’œuvre à Jocotan au Guatemala, à la rencontre du peuple maya dont la toute grosse majorité vit dans une extrême pauvreté (il y rencontrera un autre missionnaire portant les mêmes nom et prénom que lui, mais originaire de Gembloux).
Dans ce magnifique pays montagneux, grand comme trois fois et demi comme notre Belgique, il découvre que la violence politique fait des ravages indescriptibles (100.000 assassinats entre 1970 et 1985 et 40.000 disparus). Avec patience, ténacité et force tranquille, il va labourer son immense paroisse composée de 150 aldeas (hameaux) répartis sur un territoire grand comme l’arrondissement Huy-Waremme.
Le bilan est pour le moins surprenant, admirable, car il va créer des écoles et des pensionnats, des dispensaires et des orphelinats. Dans presque chaque aldea, se trouve un oratoire qui sert pour la prière, de salle paroissiale, de salle de réunion et de lieu de convivialité. Il va ainsi tenter d’approfondir la foi des Indiens… et des Espagnols dont la religion est encore trop teintée de magie ou de superstition.
Il élargit les sentiers de montagne pour que les régimes de bananes ne soient plus portés sur la tête des femmes pour aboutir sur les marchés mais que des jeeps fassent ce transport. Il fait tourner une imprimerie à plein régime. Il fait construire un grand pont en béton pour éviter que le torrent n’emporte les fragiles ponts suspendus.
Lors d’une famine dans la région, il est chargé par les donateurs américains de gérer la distribution équitable tant et si bien qu’il sera un jour décoré… à la Maison Blanche. Impossible de calculer le nombre de milliers de baptêmes, de mariages, de confirmations célébrés au milieu de foules enthousiastes ! Il faut dire qu’il sait se faire entourer de beaucoup de laïcs qui sont, dans chaque hameau, les responsables de la Parole et qu’il forme lors de grands rassemblements à la paroisse centrale plusieurs fois par an.
Si Jean-Marie reçoit des sommes énormes pour réaliser ses gigantesques projets, c’est parce que des milliers d’amis de partout admirent son travail colossal, son honnêteté et sa force tranquille enracinée dans sa confiance inébranlable en la Providence, manifestée en Jésus le Christ, le Libérateur des pauvres. »
Diocèse de Liège/JH/bl
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