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Balayées, les peurs qui paralysent

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Comme les disciples, nous connaissons nous aussi la tentation des portes verrouillées et les peurs qui aveuglent et paralysent. Mais l’Esprit, fort heureusement, ne cesse de nous secouer et de nous ouvrir à l’aventure.

Un bruit qui venait du ciel comme le souffle d’un violent coup de vent, des langues de feu, des hommes et des femmes qui se mettent à parler toutes les langues, une sorte d’ivresse contagieuse… Les images auxquelles recourent les Actes des Apôtres pour raconter ce qui s’est passé le jour de la Pentecôte peuvent nous paraître excessives; elles ne traduisent pourtant que bien maladroitement le grand bouleversement qu’ont vécu, au plus profond de leur cœur, les disciples de Jésus, peu de temps après l’avoir vu remonter vers le Père. Imaginez en effet leur désarroi au moment de cette nouvelle séparation: ils pensaient avoir retrouvé leur guide et ami, et voilà qu’il disparaît à nouveau sous leurs yeux, qu’il quitte leur monde pour en rejoindre un autre, inconnu, invisible et surtout hors de leur portée.

Où trouver le courage de témoigner ?

Mais maintenant qu’il n’est plus là, où trouver le courage et l’audace de témoigner de sa résurrection? Personne ne croira jamais qu’un tel événement ait pu se produire. Et puis, il y a surtout le fait qu’ils risquent de connaître le même sort que Jésus, d’être arrêtés, torturés, exécutés. Ce n’est pas qu’ils sont lâches ou manquent de reconnaissance envers celui qui a changé leur vie, mais ils ont peur. Comme nous, aujourd’hui, face à la crise économique et financière, face à la montée des extrémismes politiques et religieux, aux dérèglements climatiques, aux grands bouleversements géopolitiques en cours, à l’augmentation de la violence, aux flux migratoires…

Poussés dans le dos par souffle de l’Esprit

Cette peur, bien sûr, est paralysante et nous empêche d’avancer. Elle transforme les autres en ennemis potentiels, instille le doute en nous, dresse des murs entre les êtres et fausse notre regard sur le monde qui nous entoure. Autant de verrous que l’Esprit-Saint vient briser, comme en témoigne le Nouveau Testament. Seuls, en effet, les apôtres sont incapables de quitter la sécurité du lieu où ils ont choisi de s’enfermer et dont ils ont verrouillé les portes. Mais poussés dans le dos par le souffle de Dieu, les voilà qui s’exposent, témoignent et crient cette joie dont ils ne savaient que faire jusque-là.

La suite, nous la connaissons: cette étincelle a été le point de départ d’une véritable révolution, une étape décisive dans l’histoire de l’humanité. « À la rumeur qui se répandait, la foule se rassembla et se trouvait en plein désarroi, car chacun les entendait dans sa propre langue », nous racontent les Actes des Apôtres, pour signifier cette incroyable nouvelle: désormais, ce ne sont plus seulement les juifs qui sont le peuple de Dieu, mais l’humanité tout entière. L’Esprit, en effet, ne peut être ni maîtrisé ni enfermé; il souffle où il veut et quand il veut; il ne connaît pas de frontières.

Accepter de se laisser emporter

Mais en quoi ce récit nous concerne-t-il? En quoi peut-il nous aider dans notre vie de tous les jours? Comme je le disais précédemment, nous sommes tous pétris de peurs et d’angoisses. Nous craignons pour notre vie, notre santé, notre travail, notre conjoint, nos enfants, notre retraite, notre réputation… Nous avons peur d’être abandonnés, trahis, déçus, de nous tromper, de nous « planter »… Et c’est bien humain. Mais quelle déperdition d’énergie! Tant de temps passé à nous protéger, à assurer nos arrières, à défendre nos acquis, à préserver ce que nous croyons posséder, alors qu’il y a tant à vivre. Sans le savoir, nous passons à côté de l’essentiel, nous négligeons ce qui pourrait nous aider à grandir, à devenir ce que nous sommes.

Or, comme les apôtres enfermés au cénacle, nous ne parviendrons à sortir de nous-mêmes, à rebondir par-delà nos échecs et nos difficultés, que si nous acceptons de nous laisser emporter, travailler, pétrir, habiter par le souffle de Dieu. L’Esprit, en effet, nous délivre des grandes peurs premières. Il nous sauve de l’angoisse d’être nés, nous console d’être livrés seuls à l’obscur de la mort. Il murmure en nous cette parole qui toujours nous précède et nous rend définitivement libres: « Tu es mon fils bien-aimé; en toi, j’ai mis tout mon amour. » La seule assurance, en fin de compte, qui nous rende véritablement capables de plonger, sans crainte et sans regard en arrière, dans le tumulte du monde, d’affronter l’avenir et de marcher résolument sur cette route pleine d’inconnu qu’est la vie.

Pascal ANDRÉ

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Posté par le 25 mai 2012. inséré dans A la Une, CathoBel, CathoBel Belgique, le fil info. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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