Le Dalaï-Lama à Huy: un océan de sagesse
C’est une amitié de longue date qui unit le quatorzième Dalaï-Lama à Huy. Fait citoyen d’honneur de la ville ce 24 mai, le chef spirituel du peuple tibétain profitait de l’invitation pour visiter et bénir un nouveau temple au sein de l’Institut Yeunten Ling, implanté à Huy depuis 1983.
Devant cet « Océan de sagesse », traduction libre de « Dalaï-Lama », quelque sept mille personnes, tibétaines pour la plupart et venant de Belgique, des Pays-Bas, d’Allemagne ou du Royaume-Uni, étaient rassemblées dans le parc de l’Institut Yeunten Ling, afin d’honorer la présence exceptionnelle de leur leader spirituel venu leur rendre visite pour la cinquième fois déjà. Celui-ci n’a pas boudé son plaisir lors de la rencontre avec ses compatriotes en exil comme lui. À la fois enjoué, rieur, mais aussi grave et ferme dans ses propos lorsqu’il parle de la situation, particulièrement préoccupante, de son pays, le Tibet, le Dalaï-Lama a fait l’unanimité et comblé tous ceux qui, comme lui, croient à l’édification d’un monde plus paisible, plus humain et plus beau.
Un Hutois pas comme les autres
Les premiers mots du bourgmestre de Huy, Alexis Housiaux, sont sans équivoque: « C’était une évidence de vous faire citoyen d’honneur. Nous faisons nôtres vos revendications de paix et de tolérance, car votre combat est universel. Huy et le Dalaï-Lama suivent un même chemin d’harmonie et de fraternité, et nous savons que vous voulez emmener le monde sur ce chemin-là. » Devant le collège communal hutois et un panel impressionnant de journalistes, le Dalaï-Lama se tourne alors vers la fleur de lotus en cristal offerte par les édiles de la ville: « Les pétales de la fleur de lotus représentent les différentes traditions religieuses; elles convergent vers le centre, vers le point commun de ces religions qui est la bonté, la compassion et l’amour du prochain. Si l’implantation de centres bouddhiques dans vos régions occidentales semble étrange au début, je souhaite qu’ils deviennent tous des lieux de rencontres avec les autres religions. » Ce dialogue interreligieux est finalement revenu souvent, tout au long de la journée, dans le discours du Dalaï-Lama. Il poursuit: « Un des problèmes majeurs de notre société est que nous mettons trop l’accent sur ce qui nous divise – les races, les religions, les riches, les pauvres, le Nord, le Sud… – Nous oublions ce qui fait notre humanité commune: trouver le bonheur et combattre la souffrance. Nous sommes pourtant interdépendants dans tous les domaines et c’est une vision globale qu’il faut développer à long terme. Un de mes engagements a toujours été la promotion de l’harmonie entre les religions, car c’est un bienfait pour l’unité de l’humanité. Rappelez-vous la rencontre des grands leaders religieux à Assise. Et le défi pour les années à venir est que le monde va avoir de plus en plus besoin de bienveillance, de chaleur humaine et de compassion. Les femmes pourraient d’ailleurs y jouer un rôle très important, car elles se sentent souvent plus concernées par les autres. Leur rôle doit être de plus en plus prépondérant. Dans le futur, le Dalaï-Lama pourrait être une femme. »
Sylviane BIGARÉ
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