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Cours de religion: attention, danger !

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Sur les antennes de la radio Bel-RTL,  le 12 juin, Christos , secrétaire d’Etat de la région de Bruxelles-Capitale, y est allé de son petit laïus sur la suppression des . En période pré-électorale, cela a toujours son succès et celui qui s’exprime dans ce sens est sûr de faire de l’audimat. C’est déjà cela de gagné, direz-vous. Mais, au-delà, il y a des idées qui se profilent auxquelles, en tant que chrétiens et croyants, nous devrions réagir.

En fait, M. Doulkeridis s’exprimait sur le dossier « chaud » de l’intégration, thème qui semble se dessiner à Bruxelles dans le cadre des élections communales depuis que le vice-premier ministre Didier Reynders a estimé que celle-ci était un échec dans la capitale.

Pour le secrétaire d’Etat Ecolo, « en matière d’intégration, la situation à Bruxelles est complexe. Une personne sur deux y a un parent d’origine étrangère. Nous n’avons donc pas tous le même passé. Il faut se donner les moyens de faire de la cohésion sociale ». Et de clamer, dès lors que « le fait que chacun suive un cours de religion séparé est une erreur ». Il faut rappeler que le secrétaire d’Etat est également Ministre-Président du Collège de la Commission communautaire française (COCOF), en charge, en autres, de l’Enseignement.

« Il est essentiel que chacun suive un cours de morale ou de philosophie, mais ce débat est bloqué depuis des années », a poursuivi Christos Doulkeridis, qui  est d’avis qu’il faut si nécessaire changer la constitution. Rien que cela ! « Les cours de religion, c’est un débat des années 50. Il est dépassé. Il faut maintenant faire partager des valeurs communes comme la laïcité de l’Etat, l’égalité homme/femme… ». Dépassé le pacte scolaire ? Dépassés les cours de religion ? M. Doulkeridis ne sait peut-être pas que le message du Christ est un message d’Amour, que les valeurs de l’Evangile sont humanistes et universelles.

Un pacte scolaire garant d’un enseignement de qualité

Le secrétaire d’Etat Ecolo voudrait-il rallumer la guerre scolaire ? Faut-il lui donner un cours d’histoire ? Pour rappel, le pacte scolaire est l’aboutissement de ce qu’on a appelé la guerre scolaire qui agita les milieux politiques belges de 1950 à 1959. Près de dix années de manifestations, confrontations entre, d’un côté le parti social-chrétien, défenseur à l’époque de l’école libre, essentiellement catholique et, d’autre part, les partis socialiste et libéral, qui soutenaient l’école officielle. Après plusieurs années de lutte, un accord fut négocié entre les principaux partis de l’époque et ratifié en 1959 par le gouvernement. Depuis, le pacte scolaire reste d’actualité et permet toujours aux parents de choisir librement l’éducation qu’ils veulent donner à leur enfant, en les inscrivant soit dans une école officielle, soit dans une école libre. Depuis plus d’un demi-siècle, ce pacte est garant de la stabilité et de la qualité de l’enseignement. il permet aussi à ceux qui ne veulent pas suivre les cours de religion catholique dans l’enseignement libre, de se tourner vers les cours de morale laïque, de religion musulmane ou juive, etc. dans l’enseignement officiel.

Aujourd’hui, dans les écoles catholiques, il y a de nombreux élèves qui ne partagent pas notre foi, soit parce qu’ils ne pratiquent plus, soit parce qu’ils sont d’une autre confession ou encore incroyants.  Ils s’y trouvent parce que l’enseignement dispensé est de qualité. Et le fait de suivre les cours de religion ne semble pas les traumatiser, d’autant que ce cours aborde aussi les autres grandes religions monothéistes. C’est une ouverture essentielle qui permet aussi de replacer le message du Christ dans le contexte actuel. A l’heure où tant de jeunes ont perdu leurs repères, ce n’en est que plus important. Découvrir le message de Jésus, l’Amour du Père, ne veut pas dire que l’on force les élèves à y adhérer, mais on les invite à découvrir la beauté de celui-ci. En tant que chargé de l’enseignement à la COCOF, M. Doulkeridis a-t-il déjà analysé ce que transmettent les cours de religion, qu’ils soient d’ailleurs catholiques ou autres ?

Dire que les cours de religion , c’est un débat des années 50 qui est dépassé, est mettre en cause la stabilité de l’éducation en Belgique. Si on pousse à l’extrême cette réflexion, alors il y a beaucoup de débats qui seraient « dépassés », dont ceux qui ont ont trait à des faits terribles qui ont marqué notre humanité.

En tous cas, vouloir remettre en cause l’accord important du pacte scolaire relève de la naïveté et s’avère même être dangereux car il risque de rallumer une « guerre » scolaire bien inutile.

Même si des élections se profilent, nos édiles politiques devraient être attentifs à ne pas utiliser toutes les ficelles pour faire parler d’eux !

Jean-Jacques Durré

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Posté par le 13 juin 2012. inséré dans CathoBel, CathoBel Belgique, le fil info, Opinions. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

Commentaires Facebook et InfoCatho.be

9 Commentaires pour “Cours de religion: attention, danger !”

  1. Taliesin

    Populisme, quand tu nous tiens !
    Je l’ai déjà évoqué dans un autre sujet, supprimer les cours de religion (en plus ces cours sont des choix, pas des obligations), c’est encore une voie vers la désacralisation. Comme le souligne bien Mr Durré, le message du Christ n’est qu’amour et respect, et ce pour tous, quelque soit leur confession ! Et c’est un « new-born christian » qui vous le dit, en plus ;-)

    • Olivier Lardinois

      Je suis tout à fait d’accord avec vous. La société actuelle fait tout pour déstabiliser la Foi chrétienne et le monde politique sans aucune morale est en responsable au premier plan. Quand on voit ces personnages qui nous gouvernent il n’ y a pas de doute. Avant d’obliger des cours de morales ces pantins à la pêche au voix électorales devrait penser à en reprendre pour eux avant;

      • Antoine Lemaire

        Monsieur Lardinois,

        Je tente de trouver une manière de vous contacter depuis un certain temps concernant un projet photographique à Taïwan traitant de la Foi catholique chez les aborigènes. J’ai eu la chance de lire certains de vos articles qui ont été très enrichissants.

        Pourriez-vous s’il vous plaît me contacter à l’adresse suivante: antoine_lemaire@yahoo.com

        Merci d’avance,

        Antoine Lemaire

  2. Merci pour cet article très pertinent, qui resitue les choses dans leur contexte et, surtout, qui met très bien en valeur l’esprit, le sens et l’utilité des cours de religion.

  3. burubu

    une liberté fondamentale est bien celle du choix de l’enseignement pour nos enfants :une enseignement libre chrétien suppose que les élèves suivent des cours de religion catholiques dans le cas contraire qu’ils aillent s’incrire dans des autres écoles qui correspondent à leur choix de vie. L’enseignement libre catholique ne doit pas renoncer à s’engager à annoncer l’évangile sous prétexte que la majorité des élèves ne sont pas des chrétiens pratiquants, bien au contraire , il vaudrait mieux refuser les inscriptions de ces nombreux jeunes indifférents à l’évangile et donner priorité à ceux qui veulent partager les valeurs du christianisme , ne pas faire comme la fédération des scouts !!!

  4. Ferette Jean-Marie

    Que de pareils propos soient tenus au café du commerce, soit. Mais que tant d’ignorance, et des cours de religion et des aspirations des jeunes, émane d’un secrétaire d’état est non seulement triste à pleurer mais donnent froid dans le dos. Qu’il écoute par exemple cinq minutes l’analyse d’Annick de Souzenelle sur la désespérance des jeunes livrés à la verticalité sans qu’on ne leur donne suffisamment d’ouverture sur la transcendance.
    http://www.youtube.com/watch?v=JMbtiiDKVnw

  5. Gilles Olivier Lebrun-Piaser

    D’accord avec vous tous…
    Je me demande aussi si le camarade Doulkeridis ne roule pas pour l’une ou l’autre loge maçonique…

  6. Yves

    La religion n’a pas le monopole des valeurs ni des aspirations des jeunes. Et il faut, en effet, distinguer l’enseignement catholique, qui dit bien son nom, de l’enseignement officiel, censé incarner le pluralisme de notre société. Cela étant, dans l’enseignement officiel, il n’est pas idiot de se poser la question de la ségrégation des élèves selon les options convictionnelles de leurs parents. Si l’on veut vivre dans une société abolissant les communautarismes, il semble logique de commencer par les supprimer à l’école publique. Oser ce débat n’est pas « rallumer la guerre scolaire » comme certains le brandissent comme une alerte à la peste. Il me semble que l’éducation religieuse, ou philosophique, est du ressort de la cellule familiale et du monde ecclésiastique. L’école publique n’a pas à s’y substituer.

  7. Antoine Lemaire

    Monsieur Lardinois,

    Je tente de trouver une manière de vous contacter depuis un certain temps concernant un projet photographique à Taïwan traitant de la Foi catholique chez les aborigènes. J’ai eu la chance de lire certains de vos articles qui ont été très enrichissants.

    Pourriez-vous s’il vous plaît me contacter à l’adresse suivante: antoine_lemaire@yahoo.com

    Merci d’avance,

    Antoine Lemaire

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