Trop conciliants les évêques égyptiens ?
Les déclarations officielles de l’évêque de Louxor, au lendemain de la victoire de Mohmamed Morsi à la présidentielle, ne peuvent manquer de susciter l’étonnement.
Ainsi, Mgr Youhannes Zakaria, évêque copte catholique de Louxor en Haute-Egypte, se dit rassuré par les premières déclarations du nouveau président égyptien, qui entend être le président de tous, sans exception.
De telles affirmations sont, certes, louables. Pourtant, on ne peut s’empêcher de songer, avec un certain effroi, au programme des Frères musulmans, dont Morsi fut l’une des têtes pensantes. Un rapprochement avec l’Iran est annoncé, tandis que leur devise n’est guère plus tranquillisante : « Dieu est notre but, le prophète notre chef, le Coran notre constitution, le djihad notre voie, le martyr notre plus grande espérance ». Quant à la place de la femme, n’en parlons même plus.
Mgr Zakaria se rassure probablement en faisant la nuance entre la propagande électorale et les actions réellement entreprises lorsque l’on se trouve au pouvoir. Pour nuancer cet optimisme, il suffit de se souvenir de la liste des faits imputables aux Frères musulmans, parmi lesquels l’assassinat en 1981 du président Sadate, prix Nobel de la paix, en représailles à son voyage historique en Israël effectué en 1978.
Alors, de telles déclarations conciliantes s’inscrivent-elles dans une tentative politique de rapprochement, à défaut de naïveté ?
Angélique Tasiaux
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