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Jean Vanier : l’homme aux 1001 rencontres…

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Invité à la tribune des ce lundi 18 février, , fondateur de l’, a véritablement captivé son auditoire, parmi lequel on a noté la présence de S.A.R. la Princesse Mathilde. Peu avant sa conférence, il a accordé une interview aux Médias Catholiques.

A 83 ans, Jean Vanier est toujours un amoureux fou de l’Autre. Alors qu’une carrière militaire s’ouvre à lui, il ressent un appel à une autre forme de vie. En 1950, il démissionne de l’armée pour étudier la philosophie et la théologie à l’Institut Catholique de Paris. C’est là qu’il rencontre le dominicain Thomas Philippe, qui deviendra son père spirituel et ami. En 1963, il retourne au Canada pour enseigner à l’Université de Toronto. Mais encore une fois, il abandonne tout pour rejoindre le Père Thomas devenu aumônier au «Val Fleuri» à Trosly-Breuil, une institution pour personnes aux déficiences intellectuelles. C’est à ce moment là que Jean Vanier commence à s’intéresser à la question de l’accueil des personnes avec un handicap mental. En 1964, il fonde l’Arche…

Toutes ces rencontres ordinaires et extraordinaires qui ont pilonné sa vie, ont métamorphosé le fondateur de l’Arche en un nouveau Noé, en une balise d’espérance et de paix au milieu d’un monde qui se détraque chaque jour, encore et encore…

Jean Vanier, pourquoi cet intérêt pour les personnes handicapées?

Tout a commencé le jour où j’ai découvert que les personnes handicapées comptaient parmi les individus les plus opprimés au monde. J’ai visité des institutions et des hôpitaux psychiatriques et je peux dire que j’ai vue des actes horribles de maltraitance et de mépris à leur égard. J’ai entendu leur cri: « Est-ce que quelqu’un m’aime comme je suis? ». Tout ce que je pouvais faire à mon échelle, c’était les accueillir et vivre avec eux afin de les sortir du système oppressif des instituts psychiatriques de l’époque. C’était dans les années 1960. Puis, l’idée s’est répandue: Vivre avec des personnes handicapées était la seule façon de les aimer réellement.

Vous aimez à répéter que nous sommes tous des personnes handicapées. Sauf que certains camouflent mieux leur handicap que d’autres. Expliquez-nous…

Au fond, nous sommes tous des êtres humains. On a peur de ne pas réussir, de souffrir, de mourir, de ne pas être aimé. Nous sommes nés dans la pauvreté. Nous mourrons dans la pauvreté. Nous commençons la vie en allant vers la force. Un temps vient où l’on va vers la fragilité. On ne choisit rien. On a tous des fragilités, des difficultés et un cœur fragile. Mais, cela, nous le camouflons. Dans notre société, c’est la réussite personnelle et le pouvoir, d’argent que nous mettons en avant.

Dans vos dernières conférences, vous abordez un thème qui vous est cher: la paix. Dans un monde qui se disloque de plus en plus, quelle espérance de paix pouvons-nous avoir?

Notre vision de la paix est entrain de changer. Pendant des siècles, la paix venait par des armées, par la conquête. Aujourd’hui, il y a quelque chose de nouveau. La guerre n’est plus la solution pour accéder à la paix. Quelque chose est entrain d’émerger, basé non plus sur le dialogue, mais sur la rencontre. Car la rencontre, ce sont les yeux, ce sont les mains. On parle d’humain à humain. Autrefois, on disait il faut faire « pour », maintenant on dit qu’il faut faire « avec ». Il y a comme une nouvelle vision de paix qui implique l’humilité. Je ne suis pas là pour dire que je suis mieux que toi. Non, je suis là pour t’écouter. Parle moi de toi, de ta vie, entrons en contact, mangeons ensemble à la même table.Certes, la guerre est toujours là, la volonté de puissance aussi. Tout n’est pas changé. Mais les semences d’une nouvelle vision sont là.

Propos recueillis par Anne Leconte

Retrouver l’intégralité de l’interview et le dossier consacré à Jean Vanier dans le journal Dimanche Express n° 8 du 3 mars 2013 (en vente sur la Boutique en ligne des Médias Catholiques (http://boutique.catho.be)
 

 Mgr Kockerols : « Je dois beaucoup à l’Arche »

, évêque auxiliaire de Malines-Bruxelles, connaît bien l’Arche. Nous luis avons demandé son témoignage et nous le remercions pour celui-ci :

« Je dois beaucoup à l’Arche. J’y ai vécu trois ans, en foyer, en partageant le quotidien des personnes avec un handicap. Honnêtement, je ne serais pas qui je suis aujourd’hui sans tout ce que j’y ai reçu et découvert. Je pense e.a. à l’importance de la vie communautaire, faite d’abord d’un humble quotidien, de joies partagées, de temps gratuit passé ensemble, mais aussi de l’indispensable esprit de fête. Je pense à l’hospitalité, l’accueil du visiteur, de l’étranger.  A l’Arche, on ne peut qu’être soi-même. La personne avec un handicap m’a révélé mon cœur : ce qu’il y a de beau et de bon, ce qui porte du fruit, mais aussi ce qui est blessure, violence, ce qui a besoin d’être patiemment guéri. Plus fondamentalement, elle m’a fait comprendre la grandeur de la personne humaine, quelle qu’elle soit, et de sa destinée : vivre en communion, avec Dieu. » 

+ Jean Kockerols

Rencontre avec Jean Vanier en images… : [nggallery id=61]

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Posté par le 20 fév 2013. inséré dans A la Une, le fil info, Médiathèque, Photos. Vous pouvez suivre les réponses de cet article à travers le RSS 2.0. Vous pouvez répondre ou laisser un trackback à cet article

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